Blog PLR – Les Libéraux-Radicaux

Cet ennemi public qui n’en est pas un

Logo TRIBUNE

Message du Président

Si le mois de septembre est la période des désalpes, une autre tradition suisse a lieu à la même époque : l’annonce de l’augmentation (forcément) des primes d’assurance-maladie obligatoire des soins. Chacune de ces traditions n’a pas le même charme. Entre le tintement des cloches et l’inquiétude des ménages, entre une descente paisible au village et une montée au front pour mettre fin à une envolée des coûts, il y a des traditions qu’on aimerait bien perdre.

Plus 4% à l’échelle suisse, +6.4% à l’échelle vaudoise. Le couperet tombe chaque année, comme si les plaintes cycliques du mois de septembre se perdaient en écho, à gauche et à droite, et n’arrivaient jamais aux oreilles des responsables. Mais après tout, qui sont ces « responsables » ? Etonnamment, celui que le débat public désigne d’entrée n’est pas l’annonceur de l’augmentation, soit le chef socialiste du Département fédéral de la santé, mais les assureurs-maladie. Une stratégie développée par la gauche, pour nous détourner de l’essentiel.

Maladie - caisse unique

Trouver une cible, attirer l’attention sur elle, porter atteinte à son image en recourant à divers stratagèmes et faire croire qu’elle nous veut du mal. Vous obtenez « un ennemi commun » et la meilleure stratégie pour aveugler le maximum d’individus. En concentrant l’attention sur cet « ennemi commun », on détourne le regard sur les problèmes de fond. En mettant sous les projecteurs et sur le banc des accusés un acteur en particulier, on permet aux autres d’agir librement dans l’ombre, en toute impunité. Ainsi, les assureurs-maladie sont devenus une cible de choix pour la gauche, qu’elle aime attaquer à coup d’initiative, à intervalle régulier. Et c’est reparti :

Après s’être consumée dans les résultats de moult votations, la caisse unique renait de ses cendres ! 2003, 2011 puis 2017 : le projet devient comme une tradition à perdre. Fédéraliste et apolitique dit-on, étatique, assurément. Et cette fois elle ne revient pas seule, elle est accompagnée d’une seconde initiative visant à interdire les élus nationaux de siéger dans les directions de caisses d’assurance-maladie. Si nous n’avions pas un certain sens du pragmatisme et beaucoup de patience, nous pourrions saisir la justice pour discrimination à l’encontre d’un groupe d’individu. C’est non seulement une honte, mais aussi une grave erreur. Une chose est sûre : en ciblant un acteur en particulier, on ne fait que renforcer les disfonctionnements généraux.

Que voulons-nous ? Des soins de qualité ou des primes moins élevées ? Si nous voulons les deux à la fois, il nous faudra être pragmatique. Les primes étant le reflet des coûts de la santé, pour en diminuer le montant, il faudra diminuer les coûts de la santé. Et ce n’est ni une éternelle augmentation des subsides (comme annoncée dernièrement par le chef du DSAS) ni une caisse unique qui nous le permettront. On ne sera pas plus fort une fois les médecins à genoux, les cliniques privées bâillonnées et les assureurs transformés en fonctionnaires.

Déjà, des citoyens suisses traversent la frontière pour aller chez leur dentiste français. Pas moins compétents, mais moins chers. Pour préserver un système de santé qui soit de qualité, accessible et finançable par toutes et tous, il nous faut revoir toutes les pièces de cette machine de précision. Comment ? En mettant tous les acteurs sous le feu des projecteurs, sans parti pris et avec un peu de respect.

Frédéric Borloz
AIGLE Arr. Aigle Comptable Conseiller national Syndic Président du PLR Vaud 49 ans Marié 2 enfants