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La santé en question : améliorons la prévention et la coordination

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Le domaine de la santé suisse représente presque 12 % du PIB. Il est performant, mais complexe. Il génère des charges importantes en subsides à l’assurance-maladie, en infrastructures diverses de soins, en formation, en équipements et en salaires. Même si l’économie de la santé comporte des secteurs de profit, par exemple dans l’innovation et la recherche, l’explosion des coûts interpelle. Ils ont doublé en 20 ans. Pour répondre à ce constat, il n’existe pas de solution unique. Pourtant, il n’est pas interdit de réfléchir à aborder la question avec un œil novateur.

Dans notre pays et dans le canton de Vaud les soins sont globalement bons, accessibles et disponibles rapidement. Alors que se passe-il pour que la facture soit, au final, tellement lourde et que des questionnements surgissent sur l’opportunité de maintenir certains traitements ?

Deux éléments sont à prendre en considération. En fait-on assez dans le domaine de la prévention ? Coordonne-t-on suffisamment les informations et les soins pour chaque patient pour éviter les doublons et la surmédicalisation ? En théorie, ces questions relèvent d’une saine logique. Or, sur le terrain, à l’évidence, cela n’est pas si simple. Pour les accidents, il est indéniable que de gros efforts sont fournis. Campagnes diverses, informations, mises en garde sur les comportements à risque. Pour la maladie, des actions sont menées par secteur, que l’on pense entre autres à l’alcoolisme, au tabagisme, à l’obésité, à la nutrition, à l’hygiène dentaire. En mesure-t-on les résultats ? Pas systématiquement. La médecine préventive est encore peu valorisée. Il serait temps de mieux l’intégrer dans la législation liée à la santé. Le vieux dicton « mieux vaut prévenir que guérir » prendra alors tout son sens.

santé

Avec la diminution du nombre des médecins de famille ou de référence, la multiplication des spécialistes et des consultations en ambulatoire hospitalier, les chiffres des examens et traitements s’accroissent. Ces derniers ne sont pas toujours prescrits à bon escient avec une coordination efficace et systématique. A l’heure de l’informatique et des nouvelles technologies, il n’y a plus d’excuse à dire que coordonner relève d’une mission impossible. Pour autant que l’on y adjoigne garde-fous et programmes adéquats, le dossier électronique du patient doit devenir la norme. Coordonner signifie également briser les fonctionnements en « silo », ceux qui ne se préoccupent pas de ce que font les autres. La perméabilité et la transversalité des pratiques offrent des perspectives prometteuses. Il serait regrettable de s’en priver. Elles ouvrent aussi des portes vers une mutualisation des tâches que beaucoup appellent de leurs vœux.

Résoudre la progression des coûts de la santé par la prévention et la coordination ne constitue pas la solution miracle. Toutefois, ces deux facteurs y contribuent, d’autant plus qu’ils impliquent des changements de comportements des acteurs. A ce titre, il est essentiel de les valoriser et de les promouvoir. Si notre santé n’a pas de prix elle a un coût ; il faut l’empêcher de devenir insupportable pour la plupart des citoyens. Agissons avant que le système ne devienne ingérable. Il en va de notre responsabilité.

 

Cet article est paru dans le journal « Tribune » du mois d’Août 2017