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Le capitalisme c’est fini ! Vive le « nouveau capitalisme ».

par Laurine Jobin,
secrétaire générale PLR Vaud

 

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Faire aimer le capitalisme. C’est la mission que certains prêtent au nouveau président français Emmanuel Macron. Pour ce faire, il tâcherait de montrer « le capitalisme dans une version moderne, libérale mais soft, séduisante et rajeunie, voire verdie », selon les propos du mouvement français « Ensemble ! » (mouvement pour une alternative de gauche, écologiste et solidaire). Une bonne idée ! Une mission pour nous.
Aujourd’hui, les termes de « capitalisme » et de « capitaliste » sont employés à tort et à travers, sans qu’on sache toujours de quoi on parle. Selon notre pays et sensibilité, ils revêtent différents sens. Si pour certains le capitalisme n’a pas évolué depuis l’époque de Karl Marx et son manifeste, d’autres ont su voir l’évolution de ce système économique et social, comme au PLR. Si l’idéaltype du capitaliste aujourd’hui incarné par Donald Trump consolide le cliché, nous devons nous attacher à faire aimer, et donc à faire connaître, le « nouveau » capitalisme, résolument moderne, à la coupe plutôt ébouriffée que laquée. Adieu donc capitalisme d’hier, bonjour « nouveau capitalisme » !

 

 

Mais à propos, quel est ce modèle ? Selon l’économiste Patrick Artus, après le capitalisme industriel et financier (où l’actionnaire occupe une place prépondérante), nos sociétés européennes vivraient, ou tendraient à consolider, un capitalisme « RSE », pour « Responsabilité Sociale de l’Entreprise ». Dans ce système, les entreprises prennent en compte les intérêts de tous les acteurs et les composantes qui gravitent autour de leur marché : les employés, les clients, les investisseurs, les fournisseurs, et mènent leurs actions au regard de leur impact sur la société et sur l’environnement. En somme, un capitalisme moderne, intégratif, collaboratif, responsable et pragmatique. Un capitalisme dénudé d’aucune de ses composantes essentielles – la recherche du capital, la propriété privée des moyens de production, la liberté de marché, d’entreprendre et le salariat – mais paré de responsabilités plus globales.

 

 

google locaux inspirants

 

Google et ses locaux professionnels favorisant le bien-être de ses collaborateurs.

 

 

Ceux qui n’y croient pas doivent se frotter les yeux, bien fort s’il le faut, mais sur le terrain, le changement de paradigme a déjà été opéré. Nos entreprises suisses, nos PME, fonctionnent selon ce schéma. Il suffit de discuter un moment avec un chef d’entreprise pour s’en convaincre. Le capital et la propriété privée des moyens de production sont toujours là, tout comme la recherche du profit, mais pas pour le contentement d’un seul, mais pour l’intérêt de tous. De tous ? Oui, de ceux qui travaillent au sein et qui gravitent autour de l’entreprise et de ceux qui bénéficient des impôts qu’elle paye. En outre, l’économie réfléchit au télétravail, à la flexibilisation des horaires ; des entreprises mettent à disposition des crèches, des zones de détente, etc. Aujourd’hui, plus que jamais, l’employé est à l’entreprise ce que l’employeur est à l’emploi : une composante essentielle. La synergie entre les deux est primordiale et soyons-en certains, les chefs d’entreprises, CEO, entrepreneurs et employeurs de toutes sortes, y croient plus que n’importe qui.

 
Fini donc le capitalisme à la Karl Marx, fait de domination et de soumission, entre un bourgeois et ses prolétaires. Cette vision archaïque du système est révolue. Nous ne devrions d’ailleurs plus parler de « capitalisme », concept connoté péjorativement, mais de « nouveau capitalisme », ou de système économique et social de type RSE. Ainsi nous pourrons montrer ce qu’il a de séduisant et le faire aimer. Ni de droite, ni de gauche, le « nouveau capitalisme », nous, on l’aime déjà.

Laurine Jobin
LAUSANNE Sous-arr. Lausanne Secrétaire générale au PLR Vaud