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Le citoyen comme moteur

Les pas effectués par Silke Pan, une athlète paraplégique, à l’aide d’un exosquelette à Berne, ne sont pas passés inaperçus. La presse a récemment fait l’écho d’avancées technologiques dans le domaine des exosquelettes développé par l’EPFL. Des doctorants du Laboratoire de robotique ont, en effet, développé un système prometteur d’assistance à la marche pour les paralysés. Fruit de dix-huit mois de travail, cet exosquelette, testé par Silke Pan, démontre toute son efficacité.
« Pilote d’essai » dans ce programme, elle peut désormais se mouvoir, en actionnant les moteurs placés dans les hanches et les genoux du robot. Ses efforts, bien qu’éprouvants, sont payants. Comme elle le dit avec humour : « Quand je suis debout au milieu d’autres personnes, j’ai beaucoup plus l’impression de faire partie du groupe. C’est agréable de pouvoir regarder les gens à hauteur de visage plutôt qu’au niveau de leurs fesses. » Ses efforts ouvrent enfin de belles perspectives dans ce domaine.
Derrière les efforts technologiques de l’EPFL, humains et émotionnels de Silke Pan, cette innovation nous prouve beaucoup de choses sur notre société. Au-delà de la volonté de l’être humain de se surpasser et de trouver des solutions aux problèmes qui nous entourent, c’est avant tout dans la société elle-même que surgissent les réussites. Entendez par là que l’Etat joue certes un rôle mais qu’il n’est pas exclusif. Peut-être n’y a-t-il pas un acteur plus fort que l’autre. Toutefois, et l’exemple de cet exosquelette le démontre, la société civile, l’esprit d’entreprise, permettent plus. Le rôle de l’Etat peut tenir dans l’organisation des moyens. Il peut inciter, assister mais rarement il sera le déclencheur, ni celui qui fait.

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Les citoyens ont donc un rôle important à jouer. Ils doivent être à l’origine de l’action, soit comme acteur soit en participant au financement – soit par les impôts qui motivent une tâche de l’Etat, soit directement par une contribution importante ou pas, suivant les intérêts et les moyens de chacun. Par le biais des citoyens également, le monde économique ou associatif peut s’investir. On ne compte pas d’ailleurs le nombre d’institutions qui aident telle ou telle personne. Ce faisant, on décharge l’Etat. On repositionne le citoyen au cœur de la cité, non pas comme administré, mais comme habitant responsable et participant à la vie de la communauté.
Il y a deux semaines, plusieurs politiciens et citoyens ont décidé de rallier Aigle à Berne en vélo, aux côtés de Silke Pan sur un cycle mû à la force des  bras. Chaque kilomètre sponsorisé permettra d’aider le projet du laboratoire. On ne peut qu’encourager de tels efforts d’innovation, de démarches et de financements privés. Croire en nos capacités et à l’importance de nos contributions en somme. Silke Pan est un magnifique exemple de volonté et le projet de l’EPFL un bel espoir pour le futur.

Par Frédéric Borloz, président du PLR Vaud, conseiller national.

(Article paru dans le Tribune du mois de septembre 2016)

Frédéric Borloz
AIGLE Arr. Aigle Comptable Conseiller national Syndic Président du PLR Vaud 49 ans Marié 2 enfants