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Le recyclage mondial entre dans l’année du Cochon

Les journaux internationaux ont en fait leurs grands titres en 2018: la Chine ne veut plus être la poubelle du monde et limite sévèrement les entrées de matières premières issues du recyclage. 2019 sera marqué par l’entrée dans l’année du Cochon, selon l’astrologie chinoise (censée être une année d’abondance), mais il semble que la tendance sera encore plus catastrophique pour le recyclage.

Au fait, pourquoi ce pays était-il le plus grand acheteur de déchets de carton et de plastique de la planète avant cette décision politique? C’est que la Chine est l’atelier du monde: pour fabriquer des jouets, par exemple, il faut du plastique, et pour les emballer il faut du carton. Les produits chinois se retrouvent en Occident, expédiés par bateaux entiers. Les mêmes bateaux emmèneront les déchets à recycler sur le chemin du retour, permettant en même temps d’éviter qu’ils ne soient remplis de ballast, soit de l’eau de mer occidentale déversée en Asie. Les premières victimes de la décision chinoise sont donc les industriels de ce pays, qui manquent maintenant de matières premières.

Cette mécanique circulaire est grippée, et il faudra plusieurs années avant que de nouveaux circuits ne puissent être mis en place. La Suisse échappe pourtant largement aux effets désastreux de ce choc, et cela pour plusieurs raisons: en premier lieu, la taxe au sac mise en place dans la plupart des cantons permet de responsabiliser le citoyen – la milice qui nous est chère est appliquée également dans ce domaine! Les niveaux de recyclage sont élevés (57% dans le canton de Vaud) et les matières issues du tri sont peu polluées. Ce système est cité en exemple par toutes les organisations faîtières du domaine au niveau mondial.

En second lieu, la Suisse a la chance de pouvoir compter sur de très bonnes filières locales pour valoriser la plupart des matières triées. À titre d’exemple, papier et carton issus de la collecte des ménages peuvent être entièrement valorisés dans des usines suisses; la plupart des Communes sont soucieuses des enjeux écologiques et veillent strictement à ce que ces filières nationales soient utilisées. Il en va de même pour le verre, les déchets verts ou même les déchets incinérables, qui sont transformés en énergie dans des usines dernier cri.

Seul élément réellement problématique de ce tableau: les déchets plastiques – hors PET. En raison de leur poids volumique qui les rend difficilement transportables et de leurs caractéristiques techniques, il n’existe à l’heure actuelle pas de meilleur traitement économique et écologique que leur incinération. L’Union européenne, qui sur ce point particulier a pris de l’avance, a décidé d’interdire les objets en plastique à usage unique.

Antoine de Saint-Exupéry, écologiste avant l’heure, a écrit: «Nous ne recevons pas la Terre en héritage, mais nous l’empruntons à nos enfants.» Avec ou sans filière chinoise, une gestion optimale des déchets en Suisse devient plus que jamais un impératif.

La Suisse a la chance de pouvoir compter sur de très bonnes filières locales

Par Marc Ehrlich
Directeur du groupe Vipa Retripa, PLR Pully

@Article paru dans le 24heures du 28.01.2019

Marc Ehrlich
PULLY Arr. Lavaux-Oron Entrepreneur Conseil Communal Pully Membre du Conseil de Fondation du Septembre Musical Vevey Montreux Délégué CVC 43 ans Marié 2 enfants