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L’école vue sous un autre angle

L’école fait l’objet d’avis multiples et récurrents, allant de la satisfaction à la critique sévère en passant par toutes les nuances possibles. Ce n’est pas étonnant, tout le monde ayant passé par elle et s’étant formé un avis sur la question. Les réformes et les bilans se succèdent. Il existe les bons élèves, les moins bons et les laissés pour compte. Comment faire pour sortir de ce schéma ? Bien des pédagogues, enseignants, parents, analystes, philosophes et politiques de tous bords se sont penchés sur ce sujet sans y apporter les réponses qui conviennent. C’est normal penseront certains, car c’est le reflet d’une société multiple, diversifiée et qu’il faut de tout pour faire un monde. C’est assurément juste, mais un peu court.

Ce que l’on attend de l’école, c’est une instruction intelligente et la plus complète possible en qualité et en variété pour amener les élèves à des formations capables de répondre ensuite aux besoins de la société. Ces besoins, actuellement, se traduisent en termes d’emplois, mais sera-ce toujours le cas dans le futur ? Et c’est là que s’ouvre un grand champ de matière à réflexion. La révolution numérique est là. Nous n’en sommes qu’au début de cette période transitoire vers la digitalisation de nos activités.
On parlbibliothequee « d’ubérisation », de problème « airbnb » et de robotisations diverses. Cela éveille des craintes. Mais si, au contraire, on voyait cela comme des opportunités ? La question mérite d’être posée. On pourrait redonner à l’école la mission d’instruction au sens large en anticipant cette révolution digitale. Plutôt que reprendre les vieux modèles et poncifs avec des tentatives plus ou moins fructueuses d’amélioration, on pourrait lui donner des défis : repenser tout la chaine de l’apprentissage avec de nouveaux paradigmes. Utiliser des outils pour éveiller la curiosité et pour devenir créatif. Une école à la fois personnalisée et collective. Une école où la réflexion et l’innovation seraient le socle des programmes, alliant culture, savoirs et inventivité, bref une école qui fait envie tant aux élèves, qu’aux parents et aux enseignants. Utopie allègueront les grincheux.

Pour ma part, je fais mienne la phrase du philosophe Denis de Rougemont : « On ne réalise bien que ce que l’on a d’abord rêvé ». Alors, il n’est jamais impossible que le rêve devienne réalité.

Par Catherine Labouchère, députée au Grand Conseil.

(Article paru dans le journal Tribune, octobre 2016).