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L’ENSEIGNEMENT : ÉLOGE DE L’EXIGENCE

L’été arrivant, nos écoliers ont quitté leurs bancs pour goûter une trêve méritée. Fierté de

notre pays, l’univers scolaire jouit également de ce temps de pause en nous invitant à mettre
en lumière l’une des valeurs, trop souvent négligée, qui nous semble devoir lui présider.
Un lancinant refrain
Il est des changements souhaités et d’autres que l’on regrette : la réforme vaudoise LEO en
fait assurément partie. Combien de professeurs désarmés face à des classes différentes, pour
combien d’élèves méconnus, avec lesquels un lien de confiance ne se tisse qu’à grand peine ?
Ce désolant constat nous murmure ce qui affaiblit la formation : le choix aisé du nivellement
par le bas. Quoi de plus naturel que de raboter un enseignement prétendument trop exigeant,
espérant qu’ainsi toutes et tous puissent le suivre. Désormais, seule compte la médiocrité du
grand nombre, non plus les capacités de l’élève, vision trop élitiste pour demeurer acceptable.
Le même couplet revient s’agissant des devoirs à domicile. D’aucuns allèguent que la
difficulté de certaines et certains à assumer cette charge, soudainement devenue
insurmontable, justifierait son abandon pur et simple. Beau modèle d’éducation – et donc de
vie – que celui où il ne sert plus à rien ni d’apprendre, ni de se cultiver une fois 15h30
passées !
Le privilège d’enseigner
De nos pupilles, on ne saurait exiger la qualité si tel n’est pas le cas de leur professeur/e.
Aujourd’hui, les écoles pédagogiques ressemblent à une formation continue pour gymnasiens
fraîchement diplômés ou pire, à l’issue de secours d’ex-universitaires en échec. Point de
jugement, plutôt un constat dicté par l’expérience. L’enseignement est un art pratique ; il
requiert de celui qui souhaite faire sienne la transmission du savoir, un bois tout particulier.
Exemple depuis plus d’une décennie, la Finlande a fait le choix d’un enseignement d’élite – et
non pas élitiste – qui requiert une formation universitaire. Enfin, le spectre de la
suracadémisation est écarté si nous en revenons à la cardinale exigence.
Assumons l’exigence !
Voilà le courage dont nos enfants ont besoin : celui d’une société assumant sa volonté de
disposer d’enseignants sachant pourquoi ils se tiennent devant eux, pour les guider et faire
éclore leurs multiples talents afin de construire l’avenir de cette même société. Ils y ont droit,
bien plus encore ils l’exigent ; et nous avec eux.