Blog PLR – Les Libéraux-Radicaux

Quelle gouvernance pour le CHUV ?

Logo TRIBUNE

 

 

 

La dernière Université d’été du PLR a donné lieu à des échanges nourris sur les questions de santé. A cette occasion, la transparence, le financement et le coût de fonctionnement du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) ont suscité le débat parmi les participants.
Ces discussions ont notamment donné lieu au dépôt récent d’un postulat de la députée PLR Christelle Luisier sur les prestations d’intérêt général (PIG) rémunérées par les cantons et qui visent singulièrement à maintenir les capacités hospitalières pour des raisons de politique régionale ainsi que la recherche et la formation universitaire.

 
Quelques jours avant la tenue de cet atelier du PLR sur la santé, les différentes associations économiques vaudoises avaient proposé dans leur catalogue d’idées « Impulsions 2022 » de transformer le CHUV d’un service de l’Etat en un établissement autonome de droit public, doté d’un conseil d’administration.
Si le CHUV fait l’objet de l’attention spécifique des milieux politiques et économiques, c’est d’abord avec l’objectif de conserver et renforcer le lien étroit qui lie la population vaudoise à une institution accueillant des dizaines de milliers d’hospitalisations, employant près de 11 000 collaborateurs et dont les compétences techniques et humaines dans des domaines de pointe sont largement reconnues en Suisse, mais dans le monde aussi.

 

 

CHUV

 
Toutefois les interrogations que provoque le CHUV sont dues à une contradiction manifeste entre, d’une part, un développement et un budget croissant (aussi bien sous l’angle des ressources humaines que des infrastructures) et d’autre part une transparence et une autonomie limitées. Ces questionnements résultent largement de la gouvernance de cette institution qui constitue un cas unique en Suisse (voire en Europe).

 
En effet, alors que les hôpitaux universitaires suisses de Genève, Zurich, Berne ou Bâle disposent tous d’un organe de surveillance et de haute direction, le CHUV est pour sa part considéré comme un service de l’Etat, directement soumis à l’exclusive autorité du chef du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS).
Cette forme de direction suscite plusieurs réflexions : d’abord, comme le soulevait récemment la directrice de la CVCI Claudine Amstein dans un article paru sur son blog hébergé par le quotidien Le Temps, dans un tel système le conseiller d’Etat en charge de la Santé est fréquemment juge et partie en arbitrant entre les intérêts du CHUV (intégré à son département) et ceux d’autres hôpitaux voire des établissements privés sur d’autres aspects – notamment sur l’acquisition des équipements lourds ou le nombre de lits accordés aux cliniques conventionnées.

 
Ensuite, alors que le débat budgétaire aura prochainement lieu au Grand Conseil, il est à chaque fois surprenant de constater que le budget du CHUV occupe uniquement deux pages du budget cantonal (sur 231) alors que celui-ci tourne autour de 1,6 milliard sur un budget total de plus de 9 milliards ! Le PLR déposera prochainement une motion à ce sujet pour demander que l’ensemble des députés disposent d’informations plus substantielles sur le budget du CHUV.

 
De manière générale, il paraît étonnant qu’une telle institution, soumise à des remises en cause permanentes dans un secteur en mouvement perpétuel et qui croit de manière impressionnante notamment sous l’angle de ses infrastructures, ne bénéficie pas d’une gouvernance moderne avec un organe de surveillance indépendant composé de personnes bénéficiant de compétences variées et complémentaires provenant naturellement en partie de l’Etat mais aussi du privé.
En tous les cas, le PLR poursuivra ses réflexions et déposera au Grand conseil les demandes d’informations nécessaires pour stimuler le débat.